Historique
Tout à commencé avec Le gros Jaune. C'était
la fin de l'été, peu de temps après mon déménagement.
J'étais tout à la dégustation de mon repas lorsque
j'ai aperçu ces grands yeux couleurs de miel qui me fixait au travers
de la porte fenêtre. Il fut le premier à tracer l'itinéraire
qui passera sur la galerie, où sont les portes-fenêtre, pour
de nombreux autres minous dont il doit être en grande partie, le
géniteur. Le patriarche, c'est lui!
Je me suis donc précipité pour lui servir quelques morceaux
de viande froide. Il n'était pas très farouche les
premières fois. J'avais réussi à
le faire venir à moi, en "semant" des petits bouts de viande sur
le trottoir. Je l'avais même flatté. Il ne m'en
a pas fallu plus pour que j'aille acheter une boîte de nourriture
pour chat. Il est revenu le lendemain et le surlendemain et ainsi
de suite, pendant les 10 années où j'ai habité à
Bois-des-Filion.
Je l'ai caressé quelquefois durant peut-être un mois mais
il devenait de plus en plus sauvage. Jusqu'à ce qu'un jour,
je ne puisse plus l'approcher. J'ai commencé à remarquer
qu'il avait des égratignures sur le museau et sa démarche
lente et nonchalante, traduisait maintenant davantage l'esprit du meneur,
l'assurance du bum de rue que celle, plus nerveuse, du jeune chat naïf
des débuts qui devait faire sa place dans le monde.
Je ne sais plus à quel moment, je me suis mise à le surnommer Big-Yellow. Disons que ce nom collait mieux à sa nouvelle personnalité. Ce n'était pas un vilain matou quand on se donnait la peine de le connaître un peu. Mais pour tous les autres chats, il était la terreur du quartier. C'était lui le chef, le maître des lieux. Tous, se trouvaient autre chose à faire, ailleurs, lorsque Big-Yellow pointait le bout de son museau tout écorché.
Il vit toujours!
Selon moi, il
doit avoir à peu près 13 ans aujourd'hui. C'est vieux,
très vieux pour un chat errant!


Beaux-Yeux est arrivée à un moment où mon système de soupe populaire était une habitude déjà bien encrée chez les chats du quartier. J'avais des "réguliers" comme Big-Yellow et la Belle Inconnue mais aussi plusieurs vagabonds occasionnels et...un ou deux raton laveur de temps à autres!
À un moment, je ne sais plus quand mais c'était l'hiver, je me suis dit que ces pauvres minous qui ne devaient pas avoir d'abris chaud pour se cacher, faisaient bien pitié. Alors, avec la complicité de mon père, nous leurs avons fabriqué une cabane que nous avons installée sur la galerie. Quant à ma mère, aussi attendrie que moi devant ses pauvres petites bêtes, elle a contribué au confort de l'habitation en leurs fournissant un coussin chauffant! Rien de moins!
Ce condo de luxe pour chats était parfaitement isolé et procurait assez de chaleur avec son coussin chauffant, réglable, branché en permanence, pour que les minous traversent l'hiver sans trop souffrir du froid. De plus, en cas de grande affluence lors des nuits très froides, mon père avait pensé à installer une tablette rembourrée de mousse , faisant office de deuxième étage, afin d'offrir suffisamment d'espace et de confort pour tout le monde! La porte sur charnières facilitait le nettoyage périodique des lieux et je pouvais ainsi, changer régulièrement les moelleuses couvertures pour le plus grand bien-être de ses seigneurs et grandes dames!
Quelques
jours seulement ont suffit pour que l'abris reçoive l'assentiment
de la gent féline du quartier. Les matous ont baptisé
les lieux, Big Yellow plus que n'importe
qui d'autre et la cabane fut occupée continuellement jusqu'à
ce que je parte. Ma galerie devint alors officiellement, le centre
communautaire Félidéus!
Beaux-Yeux
considéra que le condo était tout à fait approprié
pour lui servir de pouponnière. C'est là qu'elle mit
au monde Mon Bébé qui fut de loin, mon chat
préféré.
En fait,
elle a eu deux chatons tout noir. Mais suite à un incident,
où j'ai dû toucher un des ses chatons et m'introduire la main
dans la cabane, Beaux-Yeux les a déménagés.
Je ne les ai revu que 2 mois plus tard, à ma grande surprise puisque
j'étais convaincue qu'il y en avait au moins un qui était
mort.
En effet,
alors que les chatons n'étaient âgés que de quelques
jours à peine , j'en aperçu un sur la galerie,
tout tremblotant et
qui miaulait à fendre l'âme. De toute évidence,
il était tombé hors de la cabane et Beaux-yeux
ne semblait pas pressée d'aller le récupérer.
Il ne voyait pas encore et était si petit qu'il pouvait tenir dans
la paume de ma main. Nous étions début avril et la
température était encore froide. Il risquait
de mourir de froid ou qu'un matou, alerté par ses miaulements, le
dévore. Je l'ai donc délicatement déposé dans
la cabane mais au prix de quelques griffures et crachats de Beaux-Yeux.
Environ
une demi-heure plus tard, je jette à nouveau un oeil sur la galerie
et je vois avec horreur, un petit minet étendu sur le dos,
la tête de côté, son petit bedond ne se soulève
pas ... de toute évidence, il est mort le pauvre! Je vais
prendre ma douche en me disant que je vais le ramasser tout à l'heure
et le mettre aux ordures avant de partir pour le boulot.
Lorsque
je reviens...plus de minet, plus de Beaux-Yeux...la
cabane est vide. Je pense alors qu'elle a décidé de
déménager sa famille, les morts comme les vivants et qu'elle
a dû considérer que mon intrusion dans la cabane...ça
en était trop pour la sécurité de sa marmaille!
Dès le lendemain, j'avais repéré que Beaux-Yeux se glissait dans un trou sous le cabanon qui était derrière la maison. Je me doutais bien qu'elle devait y avoir caché son rejeton et je surveillais avec intérêt la première sortie qu'il tenterait.
C'est par un beau matin chaud de la fin mai que Mon Bébé et son frère firent leurs premiers pas dans le grand monde. Celui que je croyais mort avait donc survécu. Ils étaient mignons comme tout avec leurs grands yeux ronds encore bleus et leur démarche hésitante. Ils étaient sauvages, bien sur et Beaux-Yeux veillait à ce que je ne puisse pas les approcher, en leur démontrant qu'il fallait vite se faufiler dans le trou, si je me pointais!
Comme il n'y a rien de plus efficace pour attirer un minou que de le prendre par le ventre, je suis allée déposer un petit bol de lait devant l'entrée de leur cachette en le rapprochant de la galerie, un peu plus chaque jour.
Ils ont rapidement compris que ce qui se trouvait dans les plats était bien appétissant, que ça comblait leur petits creux et qu'en plus, ça revenait à tous les jours! Alors, ils ont fini par venir sur la galerie et à force de leur parler et de m'approcher tranquillement...j'ai pu commencer à les toucher. Un peu!
Malheureusement, le frère de Mon Bébé a mal tourné. Je l'ai baptisé Le Gros Méchant tellement il était agressif. Il a survécu quelques hivers mais je ne crois pas qu'il ait jamais eu d'amis!
Mon Bébé
était maintenant devenu adulte et à mon grand étonnement,
Beaux-Yeux ne le chassait pas. Vint une autre portée de Beaux-Yeux
et naquit Thaïcounette. Ce fut le premier rejeton dont
Mon
Bébé pris soin.
Thaïcounette en premier plan avec ses airs de Geisha. Mon Bébé, lui, savoure ses "sushies séchés" |
Une synchro parfaite de Thaïcounette et Mon Bébé. |
De gauche à droite:
Thaïcounette, Mon Bébé et Beaux-Yeux. |

Quand à la Naine, je ne sais plus si elle était fille ou soeur de Beaux-Yeux. Elle était extrêmement farouche. Je l'ai baptisé la Naine tout simplement parce que c'était une "demi-portion". Elle n'a jamais atteint la taille d'un chat adulte normal.
Et finalement,
le 18 mai 1998 naquit Ti-Guédaille...
dont le nom de baptême
est en fait Lucie.
Elle est la fille de la dernière
portée, de feu, Beau-Yeux.

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